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Tâches familiales et rôles parentaux

La répartition non équitable des activités domestiques entre les femmes et les hommes est encore très présente au sein de nombreuses familles, malgré le fait qu’une grande majorité des femmes soient actives sur le marché du travail (en 2008, le taux d’activité des femmes ayant au moins un enfant de moins de 16 ans était de 82,2 %[1]).

La persistance des rôles sexuels stéréotypés nuit à un partage équitable des responsabilités familiales. Cela peut engendrer des conséquences importantes, particulièrement chez les femmes : stress, épuisement, problèmes de santé, impression d’avoir des pratiques parentales et/ou professionnelles inadéquates, pertes de revenus et d’occasions d’avancement professionnel, etc.

Selon l’édition 2011 du Portrait statistique des familles au Québec (6,8 Mo), même si le temps productif des femmes et des hommes atteignait la parité en nombre d’heures en 2005, les activités professionnelles occupaient au moins 60 % du temps productif des hommes, comparativement à environ 40 % pour les activités domestiques. Ces proportions sont toutefois inversées dans le cas des femmes.

[1] Ministère de la Famille et des Aînés (2011). Un portrait statistique des familles au Québec – Édition 2011, Québec, gouvernement du Québec, p. 21. (6,8 Mo)

Changement chez la jeune génération?

Les données révèlent une progression de la participation des jeunes hommes aux tâches domestiques depuis quelques années. On remarque en effet une augmentation de la proportion d’hommes déclarant consacrer du temps aux activités domestiques, qui est passée de 71,1 % à 83,4 % entre 1986 et 2005[1]. Ils s’impliquent davantage dans les soins aux enfants et ils sont plus nombreux à recourir au congé parental. Au chapitre des soins aux enfants, une plus grande égalité entre les sexes est observée chez les parents seuls en premier lieu, chez les parents en union libre en second lieu, et en troisième lieu, chez les conjoints mariés qui travaillent à temps plein et ont un enfant de moins de 5 ans. Ainsi, on constate une certaine évolution dans le temps de la participation des hommes en matière de soins aux enfants puisque ce sont les plus jeunes parents qui se retrouvent dans ces trois catégories.

[1] Ibid., p. 493. (6,8 Mo)

Conséquences de la répartition non équitable des tâches familiales sur les femmes

Bien que les problèmes relatifs à la conciliation travail‑famille touchent l’ensemble des parents travailleurs, les mesures de conciliation sont surtout revendiquées par les femmes. Ce sont elles qui assument, encore aujourd’hui, la plus grande part des tâches liées :

  • aux soins des enfants
  • aux travaux ménagers
  • aux soins à donner à une personne malade ou en besoin d’assistance.

Le salaire étant généralement plus élevé chez les hommes, ce sont le plus souvent les femmes qui sont incitées à se prévaloir des mesures de conciliation. À preuve, le nombre annuel d’heures d’absence pour des raisons personnelles ou familiales est quatre fois plus important chez les femmes que chez les hommes.

Tableau 1

Nombre d’heures annuelles d’absence pour obligations personnelles ou familiales*, Québec, 2007.

Hommes

19.5

Femmes

80.6

Rapport femmes/hommes

4.1

*Tous les employés et employées (à temps plein ou partiel).

Source : Institut de la statistique du Québec, Portrait des principaux indicateurs des conditions et de la dynamique du travail, vol. 4 (2), tableau 3.13, p. 181, à partir des données de l’Enquête sur la population active.

À long terme, cette répartition inéquitable des tâches se traduit par un écart de revenus entre les femmes et les hommes, lequel se renforce sous l’effet cumulé d’autres facteurs. Il peut même arriver que les mesures de conciliation aient des effets non souhaités si les possibilités de formation et d’avancement professionnel des femmes s’en trouvent réduites, tout comme leurs revenus à la retraite.

Date de mise à jour : 15 juillet 2013

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