L'égalité à l'oeuvre.

Des squelettes dans le placard
de Karine Turcot

L'instrumentalisation du corps dans la publicité contemporaine plastifie le corps davantage qu'il ne le magnifie. Comme on le sait, la publicité pour divers produits de consommation fait appel largement à des mannequins idéalisés et transfigurés autant par les logiciels graphiques que l'action de la chirurgie esthétique. Une plastique artificielle, hors du vivant, n'appartenant à aucune catégorie du réel – qui permet, paradoxalement, à toutes les femmes d'y trouver un idéal à atteindre, tant il est désincarné, au sens propre.

La distance entre cet idéal médiatisé et la réalité corporelle crée une forme de violence dans la perception qu'elles ont de leur propre corps. Dans ce dessin/montage, il est question de la souffrance intrinsèque à la mauvaise perception que nous avons de nous même lorsque nous nous comparons aux modèles utilisés par ces campagnes publicitaires. L'uniformisation des standards de beauté bafoue l'expression des traits de personnalité qui rendent uniques tant les hommes que les femmes.

Ce faisant, le gouffre créé entre l'image médiatique du corps et sa réalité charnelle et vivante en engendre un deuxième : celui entre la vision idéalisée du corps et les attentes qu'ont les uns, hommes ou femmes, envers les autres. Une attente vouée, par définition, à être frustrée par cet inconcevable écart. Une frustration acquise par les femmes et les hommes dès le plus jeune âge, tant l'efficacité de l'appareil publicitaire est stupéfiante.

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Date de mise à jour : 11 juillet 2013

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