L'égalité à l'oeuvre.

Couper court
de Justine Cloutier

Mon œuvre est un questionnement sur l'image de la femme à travers le sexisme engendré par les médias.

Le traitement photographique en contraste avec les couleurs en aplat par ordinateur évoque l'être humain réel dans un monde artificiel.

La mini-jupe peut être interprétée de plusieurs façons. Pour certains il s'agit d'un vêtement provocateur et dégradant, pour d'autres il est plutôt synonyme de libération et d'affirmation. On considère ce vêtement comme l'une des manifestations de l'évolution des mœurs vestimentaires féminines.

Dans les années 60, elle démontre un contraste évident avec le style plutôt sage et modeste des années 50. On remarque à ce moment un désir certain de la société vers l'égalité des sexes. Aujourd'hui bien intégrée dans la garde-robe féminine, elle continue tout de même de faire réagir. La femme qui porte la mini-jupe s'expose, même dans notre monde moderne, à être perçue de plusieurs façons, parfois extrêmement négatives. Dans certains cas, cela peut aller jusqu'au viol. En 2011, le gouverneur de Jakarta, en Indonésie, déclarait que « les femmes ne devaient pas porter de vêtements trop révélateurs sous peine d'être violées ». Cette affirmation provoqua une manifestation de plusieurs femmes défendant leurs droits vêtues de jupes courtes.

Il est évident que l'égalité hommes-femmes n'est pas encore atteinte partout et à tous les niveaux. L'influence des médias y est pour beaucoup. Bombardés d'images où le corps de la femme est objet de désir, le simple fait d'exposer des jambes féminines incite à toutes sortes de significations. L'effet se remarque lorsque, dans mon image, les jambes de femmes dans une position neutre, même fermées l'une contre l'autre, n'empêchent pas les idées de provocation dans notre pensée influençable.

La jupe reprend exactement les barres couleurs « SMPTE » que l'on retrouve dans le monde de la télévision. Ces dernières sont le plus souvent utilisées à la fin d'une émission lorsque le poste ne diffuse plus rien. Un symbole d'arrêt, de temps mort. Pour couper au sexisme.

Finalement, la couleur de fond de l'image est un magenta adouci. Un rose légèrement bleuté. Aujourd'hui même la couleur a un sexe : le rose associé à la femme et le bleu, le plus souvent, à l'homme. Le choix du rose bleuté est un clin d'œil à l'égalité en devenir, le rose mélangé au bleu pour aller vers le mauve, parfait mélange des deux.

 

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Date de mise à jour : 11 juillet 2013

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