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Sans stéréotypes

Connaître et comprendre la réalité

Les stéréotypes, de façon générale, se définissent comme l’application d’une caractéristique à l’ensemble d’un groupe social. Ils sont utilisés, sans aucune autre forme de réflexion, pour classer des personnes ou des choses. Ils correspondent donc à des idées toutes faites, à des images caricaturales et réductrices de ce que sont des personnes et de ce qu’elles devraient faire, ressentir et exprimer.

Lorsque les stéréotypes véhiculent des idées préconçues sur les femmes ou les hommes et leur réalité respective, il s’agit alors de stéréotypes sexuels. Que l’on soit fille ou garçon, adhérer aux stéréotypes liés à son sexe, c’est accepter une conception socialement imposée de soi, c’est renoncer à la liberté d’être ce que l’on est réellement.

Quand Barbie a parlé pour la première fois, en 1968, elle avait six phrases à son répertoire dont celles-ci : « J’ai une date ce soir » et « Comme j’aime être mannequin ». En 1992, la Barbie adolescente parlante n’avait toujours pas un quotient intellectuel plus élevé. Elle disait « Les mathématiques sont difficiles », « J’aime magasiner » et « Allons au bal ».

Les livres et les jouets ont-ils un sexe?

Les stéréotypes sexuels sont donc des clichés réducteurs qui associent femmes et hommes, filles et garçons, à deux univers séparés en leur assignant des caractéristiques distinctes. Par conséquent, l’adhésion aux stéréotypes sexuels limite l’expression d’une personnalité bien à soi, les choix d’activités, le développement des aptitudes, tout comme les choix de mode de vie et de carrière.

Saviez-vous que?

L'adhésion aux stéréotypes sexuels peut aussi influencer la manière dont les filles et les garçons perçoivent leur corps et leur sexualité.

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Conséquences sur l’égalité entre les femmes et les hommes

La persistance des stéréotypes sexuels et sexistes a un effet important sur la façon dont les filles et les garçons perçoivent le rôle qu’ils ont à jouer en société. Les stéréotypes conditionnent souvent leurs comportements, leurs goûts et leurs attentes, sinon leur projet de vie. Ils contribuent, en l’occurrence, à la reproduction des inégalités entre les femmes et les hommes.

Au Québec, il existe encore aujourd’hui de ces inégalités où les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes. Elles

  • sont moins bien rémunérées à travail égal;
  • sont plus souvent victimes de violence conjugale;
  • consacrent plus de temps aux responsabilités familiales;
  • occupent moins souvent les postes de pouvoir tant en politique que dans le secteur de l’emploi;
  • sont confinées dans un nombre beaucoup plus restreint de métiers et de professions;
  • subissent davantage de pression quant à leur apparence physique.

De multiples façons d’être fille ou garçon

Plusieurs personnes croient, à tort, que les stéréotypes associés aux filles et aux garçons sont des traits présents dès la naissance. En suivant cette logique, les filles seraient naturellement douces, capables de prendre soin des autres et de coopérer, et aimeraient le rose. S’ajoute à cette liste la femme objet, objet de désir et de plaisir.

De leur côté, les garçons seraient tous naturellement indépendants, compétitifs, logiques, imprudents et agressifs. C’est l’image du joueur (ou player) qui se dessine ici, joueur pour qui la vie est une grande fête.

Pourtant, à la naissance, le cerveau des filles et des garçons est semblable et se développera selon l’expérience de chaque personne et non en fonction du sexe biologique. Être de genre féminin ou masculin ne limite en aucun cas l’accès aux possibilités infinies d’intérêts, d’attitudes, de comportements, qui vont bien au-delà du cadre rigide imposé par les stéréotypes sexuels.

Vidéo : Le bleu pour les gars, le rose pour les filles

Le cerveau fabrique sans cesse de nouveaux circuits de neurones en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue. Ces propriétés de « plasticité cérébrale », découvertes il y a une vingtaine d’années, ont révolutionné nos conceptions du fonctionnement du cerveau. Rien n’est jamais figé, ni programmé à la naissance.

Catherine Vidal. Cerveau, hormones et sexe. Des différences en question, les éditions du remue-ménage, 2012, p. 11.

Les membres du personnel des écoles primaires et secondaires et ceux du personnel des services de garde éducatifs à l’enfance sont préoccupés par la précocité avec laquelle les enfants sont amenés à adopter des conduites sexuées stéréotypées. Cette sexualisation hâtive affecte le développement des enfants en imposant des limites, des contraintes ou des impératifs selon le sexe.

Plusieurs recherches ont montré que les stéréotypes sexuels peuvent avoir des effets, notamment, sur la motivation, le rendement scolaire et les choix de carrière. Elles indiquent que plus l’adhésion aux stéréotypes sexuels est forte, de la part des filles comme des garçons, plus les risques de difficultés scolaires sont grands.

Saviez-vous que?

Les jeunes sont encore nombreux à faire un choix de carrière en fonction des stéréotypes sexuels. En luttant contre ces derniers, nous encourageons les enfants et les jeunes à exprimer leur réelle personnalité et à faire des choix éclairés quant à leur avenir.

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Offrir de la liberté aux enfants et aux jeunes

Comme parent, membre du personnel éducatif à la petite enfance ou membre du personnel enseignant, vous pouvez proposer aux filles et aux garçons une diversité d’activités, d’expériences, de lectures et de jouets, incluant ceux attribués traditionnellement à un seul des deux sexes, afin de leur permettre de multiplier leurs chances d’améliorer l’ensemble de leurs champs d’intérêt, leurs compétences et leurs capacités. De plus, un meilleur partage des responsabilités familiales entre les parents constitue indéniablement la première et essentielle démarche de déconstruction des stéréotypes sexuels.

En tant que parent, membre du personnel enseignant ou éducatif, vous êtes un modèle pour les enfants et les jeunes. Pour leur fournir des repères et les aider à raffiner leur jugement critique, il est primordial de ne pas hésiter à remettre en question les situations et les commentaires stéréotypés et sexistes que vous observez (voir Exemples de stéréotypes). Cela aidera les enfants et les jeunes à adopter des croyances, des attitudes et des comportements non stéréotypés.

Date de mise à jour : 07 juillet 2017

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