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Sans stéréotypes

L'image corporelle

L'adhésion aux stéréotypes sexuels peut aussi influencer la manière dont les filles et les garçons perçoivent leur corps et leur sexualité.

Avoir une image corporelle positive est essentiel pour le bien-être et l’estime personnelle des enfants et des jeunes.

Avoir une image corporelle saine, c’est avoir une perception réaliste et globalement positive de son corps : apparence corporelle, poids, capacités fonctionnelles, pouvoir d’attirance, etc. Cela fait référence à la capacité d’une personne de voir son corps tel qu’il est dans le moment présent, d’en apprécier les habiletés et les particularités. Une personne ayant une image corporelle saine sera en mesure de valoriser son corps pour ce qu’il est capable d’accomplir et non seulement pour l’image qu’il reflète. Elle sera également plus encline à traiter son corps avec bienveillance en adoptant de saines habitudes de vie dans une perspective de santé et de bien-être plutôt que dans une perspective de contrôle du poids ou d’esthétisme.

DAGENAIS, F., DUFOUR-BOUCHARD, A-A., TRUDEL, J. (2014). Définition de l’image corporelle saine. Québec : Équilibre.

Chez les 0-11 ans

Très jeune, l’enfant a déjà une perception de l’image de son corps et de celui des autres. Dès 5 ans, les enfants peuvent être insatisfaits de leur image corporelle ou être préoccupés par leur poids. Une étude a même démontré que 64 % des fillettes de 3 à 5 ans ayant un poids normal sont insatisfaites de leur silhouette. C’est toutefois à l’aube de la prépuberté que cette insatisfaction corporelle conduit les jeunes à adopter des attitudes malsaines vis-à-vis de leur propre corps.

TREMBLAY, L., et al (2011). Perceptions of self in 3-5-year-old children: a preliminary investigation into the early emergence of body dissatisfaction. Body Image, 8 (3) : 287-92.

Saviez-vous que?

On sait par ailleurs qu’au Québec, 45 % des enfants de neuf ans (filles et garçons) sont insatisfaits de leur silhouette et qu’une fillette de neuf ans sur trois a déjà tenté de perdre du poids.

LEDOUX, Marielle, MONGEAU, Lyne, et RIVARD, Michèle (2002). Poids et image corporelle – Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois, 1999, Québec, Institut de la statistique du Québec, chapitre 14, p. 311 à 344.

Chez les 12-18 ans

À l’adolescence, les jeunes construisent leur identité et sont plus vulnérables à la pression sociale et aux images médiatiques. Ce désir de vouloir ressembler aux images véhiculées par les médias rend beaucoup plus difficile l’acquisition d’une image corporelle positive, c’est-à-dire accepter son corps tel qu’il est et se sentir bien avec son apparence. En plus de nuire à la construction d’une image corporelle positive, les images médiatiques nuisent à l’émergence de comportements égalitaires entre les femmes et les hommes.

Saviez-vous que?

Bien que la majorité des jeunes Québécois du secondaire présente un poids normal ou inférieur à la normale, on estime qu’environ 50 % d’entre eux sont insatisfaits de leur apparence corporelle. Les filles désirent une silhouette plus mince alors que les garçons, eux, désirent une silhouette plus forte.

PICA, L.A., TRAORÉ, I., BERNÈCHE, F., et autres (2012). Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. Le visage des jeunes d’aujourd’hui : leur santé physique et leurs habitudes de vie, Tome 1, Québec, Institut de la statistique du Québec, 258 p.

Les images dans les médias

L'image des femmes et des hommes est souvent représentée de manière stéréotypée et sexiste dans les médias (voir section Sexualisation de l'espace public). Les femmes sont surtout caractérisées comme sentimentales, soumises et séductrices, tandis que les hommes sont définis comme dominants, virils, indépendants, aventureux et musclés. Les corps présentés dans l’univers médiatique et publicitaire traduisent aussi ces mêmes stéréotypes :

  • chez les femmes, le corps est mince, les lèvres pulpeuses, les cheveux lisses et la poitrine généreuse;
  • l’idéal masculin cultive ses pectoraux, a les épaules larges ainsi que le visage carré et froid.

Des recherches estiment que chaque personne, en Amérique du Nord, serait exposée à une moyenne de 3 000 publicités par jour, que ce soit dans les médias traditionnels comme la télévision, la radio, les magazines et les journaux ou dans les nouveaux médias tels qu'Internet, le courrier électronique et le téléphone cellulaire.
- Inspiré du Centre canadien d'éducation aux médias et de littératie numérique.

Ces images de corps féminins et masculins répandues dans les médias ne sont pas sans conséquence. Plusieurs problèmes psychologiques et physiologiques sont liés à l’insatisfaction corporelle autant chez les jeunes que chez les moins jeunes. Même si les filles et les garçons subissent les effets d’une manière différente, la principale conséquence reste la même pour les deux sexes : entretenir le désir de modifier son corps pour se conformer aux modèles uniques de beauté. Alors que les filles ont tendance à vouloir maigrir pour ressembler aux mannequins, les garçons cherchent à atteindre la silhouette idéale de l’homme musclé et viril.

Saviez-vous que?

Selon l'Enquête québécoise 2010-2011 sur la santé des jeunes du secondaire, la moitié des élèves (51 %), sont insatisfaits de leur apparence. En plus, presque la moitié des filles (41 %) désirent une silhouette plus mince, alors que près du quart des garçons (24 %) en veulent une plus forte.

En savoir plus

La CHIC

En 2009, la ministre responsable de la Condition féminine a confié à un comité de travail le mandat de rédiger une charte d'engagement volontaire et d'en assurer la pérennité : la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée (CHIC).

La CHIC a pour objectifs :

  • de promouvoir une image corporelle saine et diversifiée;
  • de favoriser l'engagement de divers milieux : mode, publicité, médias, vidéo, musique, santé, éducation, gouvernement;
  • d'encourager la mobilisation de la société autour de l'image corporelle, des problèmes liés à la préoccupation excessive à l'égard du poids, de l'anorexie nerveuse et de la boulimie.

Le site JeSigneEnLigne.com a été lancé en 2010 : une charte pour une image corporelle saine et diversifiée pour l'évolution des mentalités en ce qui a trait à la diversité corporelle. Déjà, des milliers de signataires ont manifesté leur adhésion.

Que pouvons-nous-faire?

Chez les 0-11 ans
  • Multipliez les stimulations sensorielles (bercer, masser, donner de l'affection) pour permettre aux enfants, dès la petite enfance, d'apprendre que le corps peut être une source de plaisir et de confort.
  • Encouragez les enfants à porter attention à leurs sensations physiques (faim, satiété, fatigue) et enseignez-leur comment réagir adéquatement à ces signaux.
  • Transmettez une image corporelle saine et positive afin d’être un bon modèle pour les enfants.
  • Évitez les remarques sur votre propre poids, sur les aliments interdits ou qui « font engraisser », sur les diètes ou les régimes amaigrissants.
  • Véhiculez des messages positifs sur l’image corporelle.
  • Ne forcez pas une ou un enfant à manger s’il elle ou il n’en a pas envie et ne le privez pas de certains aliments ou d’une seconde portion s’il elle ou il a encore faim.
  • N’utilisez pas les aliments pour récompenser, punir ou négocier un comportement.
  • Incitez les enfants à améliorer leur force et leurs habiletés physiques par des activités comme le soccer, la danse ou les arts martiaux, afin qu’elles ou ils maîtrisent leur corps et acquièrent un sentiment de compétence corporelle.
  • Enseignez le respect d’autrui et la non-tolérance envers les moqueries, surtout celles concernant l’apparence physique. Apprenez aux enfants comment répondre aux moqueries et identifiez les conséquences de l’intimidation.
  • Discutez avec les enfants, dès la préadolescence, des changements que subira leur corps à la puberté. Parlez-leur de la génétique et des différentes morphologies.
  • Apprenez aux enfants à faire preuve d’un esprit critique par rapport aux médias.
Chez les 12-18 ans
  • Critiquez ouvertement les images qui se trouvent dans l’espace public et aidez les jeunes à juger adéquatement celles-ci.
  • Encouragez les jeunes à respecter leurs signaux de faim et de satiété.
  • Enseignez le respect d’autrui et la non-tolérance envers les moqueries, surtout celles concernant l’apparence physique. Apprenez aux jeunes comment répondre aux moqueries et identifiez les conséquences de l’intimidation.
  • Ne banalisez pas les préoccupations des jeunes face à leur apparence physique. Écoutez-les et amenez-les à constater tout ce que leur corps leur permet de faire.
  • Aidez les jeunes à poser un regard critique sur les normes de beauté irréalistes façonnées par des logiciels (p. ex. Photoshop).
  • Transmettez une image corporelle saine et positive afin d’être un bon modèle pour les jeunes.
  • Évitez les remarques sur votre propre poids, sur les aliments interdits ou qui « font engraisser », sur les régimes ou les diètes.
  • Véhiculez des messages positifs sur l’image corporelle.
  • Ne forcez pas une ou un jeune à manger s’il elle ou il n’en a pas envie et ne le privez pas de certains aliments ou d’une seconde portion s’il elle ou il a encore faim.
  • Apprenez aux jeunes à faire preuve d’un esprit critique lorsqu’elles et ils utilisent les par rapport aux médias.
  • Mettez en valeur les initiatives médiatiques qui valorisent la diversité et l’égalité entre les femmes et les hommes. Par exemple, parlez avec les jeunes de la CHIC (JeSigneEnLigne.com) ou montrez des annonces publicitaires respectueuses des femmes (capsules web liées à l’image corporelle).
  • Véhiculez des valeurs d’égalité entre les femmes et les hommes auprès des jeunes. Nous minimisons souvent l’influence que les adultes peuvent exercer sur les jeunes. Il est vrai que les liens d’amitié prennent une place considérable à l’adolescence, mais les jeunes accordent plus d’importance que nous ne le pensons à l’opinion des adultes – surtout lorsqu’il s’agit d’adultes appréciés ou avec lesquels une relation de confiance est établie.
  • Prenez connaissance de la brochure Votre influence a du poids produite par l’organisme ÉquiLibre, qui a pour but de guider les parents d’adolescents dans leur rôle de modèle pour aider leurs jeunes à développer une image corporelle positive.

L'image corporelle en tant que :

Date de mise à jour : 06 juillet 2017

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