Accueil Condition féminine > Dossiers > SansStéréotypes > Personnel scolaire > Personnel scolaire

Sans stéréotypes

Identité de fille? Identité de garçon?

L'identité de genre, c'est le sentiment profond d'être un homme ou une femme. Ce sentiment apparaît très tôt dans l'enfance, parfois même dès l'âge de 2 ans. Certaines personnes croient, à tort, qu'il est nécessaire d'éduquer les filles et les garçons différemment pour qu'elles et ils acquièrent une identité de genre qui correspond à leur sexe biologique.

En réalité, plus nous encourageons une éducation sans stéréotypes dès la petite enfance et jusqu'à la fin de l'adolescence et plus nous ouvrons l'esprit des enfants et des jeunes à la diversité dans les façons de s'exprimer comme fille ou comme garçon, plus nous leur offrons des modèles dans lesquels elles et ils peuvent se reconnaître et s'épanouir.

Les enfants et les jeunes qui ne se retrouvent pas dans les stéréotypes associés à leur sexe peuvent se sentir à part, différents, voire exclus. Par exemple, un petit garçon qui voudrait porter un manteau rose ou qui souhaiterait, à l'adolescence, suivre des cours de danse classique, pourrait sentir des résistances parce que ses désirs ne correspondraient pas à ce que la société attend de lui. De l'incertitude, une baisse de l'estime de soi, et même de la violence, dont des actes d'intimidation, pourraient s'ensuivre.

Voilà pourquoi il est essentiel d'aborder la notion d'identité de genre lorsqu'il est question d'égalité entre les sexes et de lutte contre les stéréotypes sexuels. C'est en valorisant la diversité dans les façons de s'exprimer comme fille ou garçon que nous orientons les enfants et les jeunes vers des valeurs d'égalité entre les femmes et les hommes.

Quelques notions sur l'identité de genre

L'origine de l'identité de genre

À ce jour, nous ignorons toujours l'origine de l'identité de genre, mais nous savons que la majorité des enfants en assumera une correspondant au sexe de naissance. Néanmoins, il est encore difficile aujourd'hui d'expliquer pour quelles raisons certaines et certains enfants connaîtront une identité différente de celle enregistrée à la naissance. Une chose est sûre, l'éducation reçue ne peut expliquer qu'une ou un enfant ait une identité de genre différente de son sexe biologique. Il importe d'avoir conscience que les activités proposées aux enfants et aux jeunes n'auront pas de conséquences sur l'identité de genre.

Le développement de l'identité de genre

Chez les 0-11 ans

L'enfant réalise très tôt si elle est une fille ou s'il est un garçon, parfois même dès l'âge de 2 ans. À cet âge, l'impression intérieure d'être une fille ou un garçon n'est pas directement liée aux intérêts pour les jeux, les vêtements et les modèles typiquement associés à son sexe. Il est donc important de ne pas penser, par exemple, que le garçon qui s'intéresse à une activité dite féminine se perçoit comme une fille, ou l'inverse. Au contraire, les comportements attribués socialement au sexe opposé sont communs chez les enfants et n'ont rien à voir avec le genre auquel l'enfant s'identifie intérieurement.

Chez les 12-18 ans

C'est généralement à l'adolescence que l'identité de genre se confirme. Durant cette période, les jeunes ont souvent tendance à utiliser les stéréotypes sexuels dans leurs comportements, leur attitude, leur habillement afin inconsciemment de consolider leur identité de genre. Ainsi, les jeunes qui ne répondent pas aux critères couramment accolés à leur sexe sont plus à risque de recevoir une étiquette de marginalisation par rapport aux autres et de vivre de l'intimidation à l'école.

L'identité de genre et l'orientation sexuelle

Pour bien comprendre la notion d'identité de genre, il est utile de distinguer celle-ci de l'orientation sexuelle.

L'orientation sexuelle se définit comme l'attirance physique ou émotionnelle pour une personne du même sexe (homosexualité), du sexe opposé (hétérosexualité) ou sans égard à son sexe (bisexualité). De son côté, l'identité de genre n'a rien à voir avec l'attrait pour une personne. Elle renvoie plutôt au sentiment individuel d'être une femme ou un homme. Ainsi, orientation sexuelle et identité de genre sont deux concepts complètement séparés.

Comme pour l'identité de genre, l'éducation reçue ne permet pas d'expliquer l'émergence d'une orientation sexuelle, qu'elle soit homosexuelle, hétérosexuelle ou bisexuelle. Par exemple, un garçon qui joue à la poupée ou une fille qui s'intéresse au sport ne constitue pas un indice suffisant pour croire que l'enfant aura une identité de genre contraire à son sexe de naissance ou que l'enfant aura une orientation homosexuelle. Il en est de même pour les jeunes : un adolescent souhaitant faire de la danse ou une adolescente voulant jouer au football ne détermine pas son identité de genre ou son orientation sexuelle. Les intérêts individuels n'ont absolument aucun lien avec l'orientation sexuelle ou l'identité de genre. Nous retrouvons autant de diversité dans la personnalité, les intérêts et l'attitude chez les personnes hétérosexuelles qu'homosexuelles, bisexuelles ou transgenres.

La diversité sexuelle

Quand il est question de diversité sexuelle, nous retrouvons fréquemment les concepts d'identité de genre et d'orientation sexuelle sous le sigle LGBTQ (lesbienne, gai, bisexuelle ou bisexuel, transgenre et en questionnement). Cela peut donner l'impression que les deux notions sont de même nature, alors que le seul lien qui les unit est celui de la diversité. Il faut donc comprendre que les personnes issues de la communauté LGBTQ se sont unies pour lutter contre la discrimination qu'elles peuvent vivre en matière de diversité sexuelle et non parce qu'elles se définissent toutes de la même façon.

Transgenre

Personne qui se perçoit ou s'identifie comme étant du sexe opposé à celui assignée à la naissance et qui éprouve le besoin de vivre ainsi, tant dans son comportement que dans son apparence et ses choix vestimentaires. La personne transgenre n'a pas eu d'opération de réassignation sexuelle.

Ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion (2015), L'homophobie et la transphobie en contexte interculturel. Comprendre les réalités, agir sur les préjugés. Document d'information à l'intention des intervenantes et intervenants, 2015, 20 p.

L'homophobie, une conséquence de l'adhésion aux stéréotypes sexuels

Selon le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), le graphique qui suit nous indique la gradation des actes (allant de la pensée à l'action) mis en cause dans l'homophobie. Moins la diversité peut s'exprimer, plus on ouvre la porte à diverses formes de discrimination. Ainsi, des comportements menant au mépris, à l'exclusion et à la violence, tels l'homophobie et le sexisme, se trouvent alimentés par de tels préjugés.

Conseils pratiques : vous comme agente ou agent de changement

En tant que membre du personnel scolaire, vous exercez un pouvoir réel sur la lutte contre l'intimidation en matière de sexisme et de diversité sexuelle. Vous pouvez favoriser une plus grande visibilité de cette diversité et encourager les enfants et les jeunes à acquérir une ouverture d'esprit et à vivre avec les différences. La lutte contre les stéréotypes sexuels comporte plusieurs effets ricochets positifs, dont l'intégration des valeurs d'égalité entre les sexes, mais également une plus grande acceptation des différences.

Chez les 0-11 ans
  • Diversifiez les activités pour que les enfants cultivent toutes les compétences nécessaires à leur réussite scolaire;
  • Encouragez les enfants à choisir des activités non associées typiquement à leur sexe. Autrement dit, il s'agit ici de les inciter à faire leurs propres choix sans égard aux stéréotypes sexuels;
  • Amenez les enfants à faire preuve d'un esprit critique devant les stéréotypes en leur proposant une réflexion sur les activités qu'elles et ils choisissent ou sur leurs intérêts, qui peuvent refléter des stéréotypes sexuels;
  • Interrogez-vous sur vos propres réactions devant certains stéréotypes sexuels : pourquoi penser spontanément que les filles ont plus de difficulté en mathématiques?; pourquoi croire que l'intérêt d'un garçon pour la danse dit nécessairement quelque chose sur son orientation sexuelle?
Chez les 12-18 ans
  • Faites preuve d'ouverture d'esprit en matière de diversité. Si certains jeunes ont des propos ou des comportements discriminatoires envers les personnes homosexuelles ou transgenres (il s'agit alors d'homophobie ou de transphobie), invitez-les à réfléchir à cette conduite. Une bonne façon d'intervenir est de comparer l'homophobie ou la transphobie au racisme. La discrimination restera toujours la même chose, peu importe le groupe de personnes auquel elle s'attaque;
  • Favorisez la diversité dans l'expression du genre en encourageant les jeunes à choisir des activités non typiquement liées à leur sexe. Par exemple, comme membre du personnel enseignant, vous pouvez organiser une activité scientifique qui s'adresse directement aux filles;
  • Véhiculez des valeurs d'égalité entre les femmes et les hommes auprès des jeunes. Nous minimisons souvent l'influence que les adultes peuvent exercer sur les jeunes. Il est vrai que les liens d'amitié prennent une place considérable à l'adolescence, mais les jeunes accordent plus d'importance que nous ne le pensons à l'opinion des adultes – surtout lorsqu'il s'agit d'adultes appréciés ou avec lesquels une relation de confiance est établie.

Date de mise à jour : 07 juillet 2017

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2008 - 2017