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Sans stéréotypes

L'image corporelle

Dans le processus d'acceptation de l'image corporelle, l'environnement joue un rôle d'influence. Que pouvez-vous faire en tant que parent pour aider votre enfant à avoir une image corporelle saine?

Avoir une image corporelle saine, c'est avoir une perception réaliste et globalement positive de son corps : apparence corporelle, poids, capacités fonctionnelles, pouvoir d'attirance, etc. Cela fait référence à la capacité d'une personne de voir son corps tel qu'il est dans le moment présent, d'en apprécier les habiletés et les particularités. Une personne ayant une image corporelle saine sera en mesure de valoriser son corps pour ce qu'il est capable d'accomplir et non seulement pour l'image qu'il reflète. Elle sera également plus encline à traiter son corps avec bienveillance en adoptant de saines habitudes de vie dans une perspective de santé et de bien-être plutôt que dans une perspective de contrôle du poids ou d'esthétisme.
- Dagenais, F., Dufour-Bouchard, A-A., Trudel, J. (2014). Définition de l'image corporelle saine. Québec : ÉquiLibre

Vers l'âge de 3 à 5 ans, l'enfant est déjà conscient de son image corporelle. En effet, elle ou il la remarque dans le miroir dès l'âge de 2 ans, s'en préoccupe à partir de 3 ans et jusqu'à 7 ans, la construit à travers le regard de ses parents.

La perception de l'image de son corps et de celui des autres commence donc très tôt dans l'enfance. La forte croyance populaire voulant que la minceur soit synonyme de beauté est déjà présente chez certaines et certains enfants âgés d'à peine 3 ans. C'est toutefois lorsque la puberté survient à la préadolescence et à l'adolescence que cette croyance conduit les jeunes à adopter des attitudes malsaines vis-à-vis de leur propre corps. À cet âge, les jeunes construisent leur identité et sont plus vulnérables à la pression sociale et aux images médiatiques; ces facteurs peuvent donc grandement influencer l'image qu'elles et ils se font d'elles-mêmes et d'eux-mêmes ainsi que de leur corps.

Avoir une image corporelle positive, c'est accepter son corps tel qu'il est et se sentir bien avec son apparence physique. Si, au contraire, cette image est négative, la personne est insatisfaite de son corps. Le tableau suivant indique les signes associés à une image corporelle positive et négative.

Signes d'une image
corporelle POSITIVE
Signes d'une image
corporelle NÉGATIVE
  • Je vois mon corps tel qu'il est.
  • Je l'accepte comme il est dans le moment présent.
  • J'accepte les habiletés et les particularités de mon corps.
  • J'ai confiance en mon corps et en ses capacités.
  • Je traite mon corps avec bienveillance.
    Je jouis de mon corps tel qu'il est.
  • Je fais confiance à mes choix alimentaires.
  • Je mange selon mon appétit.
  • J'accepte que mon poids varie à l'occasion.
  • J'ai une perception erronée de la grosseur ou des formes de mon corps (distorsion de l'image corporelle).
  • J'éprouve du regret, de la honte, de la culpabilité ou de la haine à l'égard de mon corps.
  • Je déprécie ou rejette certaines parties de mon corps.
  • Je doute de mon corps et de ses habiletés physiques.
  • J'écoute peu mon corps, je nie ses besoins ou ne les reconnais pas.
  • Je cherche à transformer mon corps en fonction d'un idéal.
  • Je me mets au régime sévère.
  • Je m'entraîne intensivement.
  • Je fais de l'exercice par obligation et non par plaisir.

 Différents facteurs jouent un rôle marquant dans l'acceptation de l'image corporelle :

  • La socialisation culturelle (médias, jouets…);
  • L'expérience personnelle, dont les comportements dans la famille (mère se critiquant dans le miroir, père déçu de sa calvitie…);
  • Les relations interpersonnelles avec les pairs (moqueries envers les personnes en surpoids, ayant une différence physique…);
  • Les attributs physiques personnels (longueur du nez, taille, couleur de la peau…);
  • La personnalité (par exemple, une estime de soi positive facilite la construction d'une image corporelle saine et agit comme un facteur de protection contre les menaces extérieures);
  • La capacité à socialiser, des talents sportifs ou musicaux, de la facilité à apprendre et une grande générosité contribueront à préserver la personne d'insatisfactions à l'égard de son corps. 

Les images dans les publicités et les médias

Des recherches estiment que chaque personne, en Amérique du Nord, serait exposée à une moyenne de 3 000 publicités par jour, que ce soit dans les médias traditionnels comme la télévision, la radio, les magazines et les journaux ou dans les nouveaux médias tels qu'Internet, le courrier électronique et le téléphone cellulaire.

Tous les modèles présentés ne reflètent pas la réalité. « Moins de 5% des femmes ont naturellement une silhouette semblable à celle des mannequins ».
- Bien dans sa tête, bien dans sa peau.

La publicité impose des clichés et des stéréotypes afin de faire passer son message. L'image des femmes et des hommes est donc souvent représentée de manière stéréotypée et sexiste. Selon une recherche menée dans 30 pays, 3 adjectifs considérés comme étant « typiques » ont été accolés aux femmes tandis que 6 l'ont été aux hommes. Les femmes sont surtout caractérisées comme étant sentimentales, soumises et superstitieuses, tandis que les hommes sont définis comme étant forts, dominants, énergiques, indépendants, aventureux et musclés. Ces caractéristiques étroitement liées aux femmes et aux hommes sont facilement observables dans plusieurs publicités et dans divers médias.

Nous sommes également exposés à un phénomène de sexualisation de l'espace public. Le corps féminin est de plus en plus utilisé pour accroître les ventes d'un produit. Certaines tendances sont même apparues dans les dernières années, dont le « porno-chic », qui reproduit des comportements rappelant la pornographie. Cette tendance se remarque particulièrement dans les campagnes publicitaires des marques les plus prestigieuses. En ce sens, ces images hypersexualisent les filles et les femmes, les placent dans des situations de soumission, banalisant ainsi une certaine forme de violence. Elles valorisent la domination masculine et cantonnent les hommes dans un rôle de performance.

Les femmes sont soumises à une profonde pression exercée par la publicité, la télévision, le cinéma et les nouveaux médias pour qu'elles soient sexuellement attirantes et actives.
- Sexualité et relations entre les sexes dans les médias

Séduites par les images, concepts et produits proposés, certaines jeunes filles s'obligent à adopter des comportements empruntés à une sexualité adulte, sans la maturité affective nécessaire pour affronter les situations qui en découlent. Leur confusion en est d'autant plus grande que les médias les alimentent de normes sociales contradictoires : les filles devraient être à la fois innocentes et séductrices, vierges et expérimentées.

L'image du corps est aussi reprise par l'industrie de la mode. La surexposition aux publicités de mode pourrait même façonner la norme socioculturelle de la beauté. En effet, le modèle de beauté unique exerce une pression sociale pour que les femmes se conforment aux images véhiculées dans les médias.

Voici le modèle de beauté unique à atteindre, selon le sexe :

  • La femme est de race blanche, mince, avec des lèvres pulpeuses, des cheveux lisses et une poitrine généreuse;
  • L'homme personnifie la force, l'énergie et la domination. Il impressionne par son indépendance et son goût de l'aventure. Il cultive ses pectoraux, a les épaules larges et le visage impassible.

Les publicités fragmentent souvent l'image des femmes, en mettant de l'avant les jambes, les seins et les cuisses. Ce choix ne fait que renforcer l'idée qu'elles sont des objets sexuels et non des êtres humains à part entière. De plus, le rôle des femmes et des filles dans la publicité est bien souvent résumé par la séduction, le besoin de plaire et de charmer pour se faire valoir et attirer l'attention du sexe opposé. L'industrie de la publicité, la sexualisation des modèles et la dictature de la mode conditionnent les jeunes filles à se soumettre au regard des hommes et renforcent le rôle de la femme-objet.

Ces images compromettent donc les rapports égalitaires entre les femmes et les hommes. Les mécanismes à l'œuvre dans la socialisation, comme les stéréotypes, contribuent effectivement à reproduire les inégalités.

Les médias jouent un rôle de premier plan dans la construction intérieure du genre féminin ou masculin des enfants et des jeunes. Les messages publicitaires et les médias en général peuvent donc influencer la perception qu'auront les enfants et les jeunes de la sexualité et des relations entre les sexes. Ils baliseront également les rapports que votre enfant entretiendra avec les autres.

Saviez-vous que?

Pour les parents de filles préadolescentes précoces, il existe un guide d'accompagnement en matière de sexualisation.

En savoir plus

L'enfance et les médias

Certaines recherches ont montré des effets notables sur les comportements, les attitudes et les croyances des enfants. Par exemple, dans une étude, on a présenté à une dizaine d'enfants âgés en moyenne de 5 ans des images d'enfants minces ou de forte corpulence. Les enfants ont dû qualifier ces personnes et indiquer avec lesquelles elles et ils préféreraient être amis. Aux personnes minces, plus de qualités étaient attribuées et plus de défauts à celles ayant un surpoids. Ces dernières étaient également moins souvent choisies comme amies.

Les petites filles sont aussi rapidement imprégnées de la culture « girly » en étant entourées de poupées Barbie et de princesses Disney. Notre société de consommation a défini à quoi devait ressembler une fille aujourd'hui.

Documentaire sur la culture « girly »

Les tweens : ciblés par les publicités

L'industrie de la publicité utilise les stéréotypes pour vendre des produits aux jeunes de 8 à 14 ans. En marketing, on surnomme les gens de cet âge les tweens, soit la période entre (between) l'enfance et l'adolescence (teenage). Certaines entreprises ciblent ce groupe d'âge puisque les jeunes continuent souvent à consommer les mêmes marques à l'âge adulte. En plus, les tweens sont considérés comme la tranche démographique la plus importante après les baby-boomers. Aussi, les jeunes d'aujourd'hui tendent à être plus « branchés » et plus informés par une multitude de sources, ainsi qu'à disposer de plus d'argent que les jeunes des générations précédentes. Les compagnies de marketing observent donc minutieusement le comportement et l'habillement des jeunes pour leur vendre une image stéréotypée d'elles-mêmes et d'eux-mêmes.

Le documentaire « Sexy inc. » aborde principalement ce ciblage des tweens par les compagnies de marketing.

Ainsi, les jeunes en quête d'identité aspirent souvent à devenir le stéréotype même qui leur est proposé. Toute une génération d'enfants est encouragée à adopter des attitudes et des comportements sexualisés pour lesquels elles et ils ne sont préparés ni affectivement, ni intellectuellement, ni même physiquement. À cet âge, les jeunes façonnent leur image à travers le regard des autres. Évidemment, ce n'est pas l'ensemble des enfants qui affichent ces comportements, et rares sont celles et ceux qui les maintiennent à long terme, bien que toutes et tous participent, dans une certaine mesure, à cette culture sexualisée.

Le marché de la mode, des cosmétiques, de la musique, des magazines et du cinéma vise aussi les tweens. Toute une gamme de produits de beauté et de vêtements a été créée pour les jeunes filles à qui l'on fait croire qu'il existe un lien entre la beauté, la popularité et le bonheur. Les jeunes filles sont toujours sollicitées pour adhérer aux standards de mode et de beauté, satisfaire les besoins des autres et être prêtes à tout pour attirer l'attention des garçons, les séduire et assurer le succès de leur relation amoureuse.

Dans les revues destinées aux adolescentes, la formation de l'identité « féminine » est réduite à une quête incessante du regard de l'autre et d'approbation.
- Conseil du statut de la femme. (2008). Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires, p. 42

Les produits visant à allécher les tweens sont présentés comme étant « réservés aux jeunes ». Les publicités montrent des enfants déguisés en petits adultes correspondant aux stéréotypes de beauté. Elles incitent les enfants, particulièrement les filles, à acheter ou à se faire acheter divers produits pour leur ressembler. Nous y retrouvons, par exemple, des rouges à lèvres brillants au goût de fruits, des vêtements et même des sous-vêtements séduisants et colorés.

De lourdes conséquences sur l'image corporelle

Les images du corps véhiculées dans les médias ne sont pas sans conséquences. L'exposition répétée aux messages publicitaires influence effectivement notre façon d'être et de nous comporter. Les enfants et les jeunes, en pleine construction de leur identité, y sont particulièrement sensibles.

Selon [L]'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, la moitié des élèves (51 %), filles et garçons, sont insatisfaits de leur apparence. Presque la moitié des filles (41 %) désirent une silhouette plus mince, alors que près du quart des garçons (24 %) en désirent une plus forte.
- L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011.

Même si les filles et les garçons subissent les retombées de l'invasion publicitaire de manière différente, la principale conséquence reste la même pour les deux sexes : l'insatisfaction vis-à-vis de son image corporelle. Les filles ont donc tendance à vouloir maigrir pour ressembler aux mannequins, tandis que les garçons veulent atteindre la silhouette idéale de l'homme musclé et viril.

Chez les filles

Dès l'âge de 3 ans, les fillettes préfèrent les jeux illustrant des gens minces plutôt que plus en chair. Plusieurs études démontrent aussi que celles âgées de 7 ans seulement souhaiteraient être plus minces. À cet âge, elles peuvent déjà identifier une partie de leur anatomie qu'elles veulent améliorer.

Malheureusement, ces comportements tendent à s'accentuer avec l'âge. D'après L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, la moitié des filles sont insatisfaites de leur image corporelle, et 30 % de celles de corpulence « normale » cherchent à perdre du poids. De plus, parmi les filles qui tentaient au moment de l'enquête de maigrir ou de contrôler leur image corporelle, environ 70 % ont employé une méthode concrète (régime, restriction alimentaire, pilules amaigrissantes, exercice à outrance, etc.). L'insatisfaction corporelle pourrait même en pousser certaines à abandonner l'activité physique.

Les troubles alimentaires sont la 3e maladie chronique la plus fréquente chez les adolescentes québécoises.
- Veille action

Une surexposition aux images de beauté influe aussi sur le comportement d'achat des filles en les portant à consommer par exemple des produits de beauté et d'autres pour la perte de poids. Les images de femmes jeunes, minces et à la peau lisse intensifieraient également chez les filles et les femmes les risques d'une dépression, d'un manque d'estime de soi et de mauvaises habitudes alimentaires.

L'exposition à des images sexualisées susciterait ces mêmes problèmes. Elle peut aussi conduire certaines filles vers une sexualité précoce, augmentant leur vulnérabilité et brouillant leur quête d'identité. En étant continuellement soumises à des modèles de passivité, les filles peuvent voir leur développement sexuel affecté. En effet, les images sexualisées présentées dans les magazines pour fillettes et pour adolescentes les encouragent à souscrire à une identité de victime. Aussi, les médias peuvent changer la perception d'une jeune fille au sujet de sa virginité ou de ses premières expériences sexuelles, en lui donnant le sentiment entre autres qu'elle est anormale si elle n'est pas intéressée par les rapports amoureux ou sexuels à son âge.

Chez les garçons

Du côté des garçons, les médias seraient également le premier facteur d'insatisfaction envers leur image corporelle, ce qui engendre souvent un excès d'activité physique afin d'amplifier leur masse musculaire. D'ailleurs, les troubles alimentaires sont en hausse chez les hommes. Le désir de se sculpter un corps musclé peut aussi provoquer une consommation de stéroïdes anabolisants et d'autres drogues.

Les garçons se projettent donc dans des rôles de superhéros, au risque de tomber dans la bigorexie. Selon Anorexie et boulimie Québec, la bigorexie est une dépendance à l'exercice physique qui génère une masse musculaire excessive par rapport à la normale et qui, à long terme, peut avoir des conséquences néfastes sur l'appareil locomoteur, le système endocrinien, l'appareil cardiorespiratoire, la psyché et la santé mentale de la personne bigorexique.

En suivant le modèle stéréotypé que leur proposent les médias, les garçons adoptent donc la culture du jeu et de l'aventure en négligeant, entre autres, les activités plus intellectuelles comme la lecture. Ils sont aussi nombreux à être influencés par les images de la pornographie, qu'ils ont tendance à vouloir reproduire dans leurs relations amoureuses et qui préconisent un modèle de performance irréaliste ainsi que des corps disproportionnés.  

Selon L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, parmi les garçons qui essayaient au moment de l'enquête de perdre du poids ou de contrôler leur image corporelle, 71 % ont eu recours « souvent » ou « quelques fois » à au moins une méthode présentant un potentiel de dangerosité pour la santé. Toutefois, ils rapportent avoir un degré élevé d'estime de soi dans une plus grande proportion que les filles (24 % contre 15 %).

Pression sociale, estime de soi et esprit critique

À l'adolescence, le corps est en pleine transformation et les jeunes sont à construire leur identité. Elles et ils sont très influençables en ce qui touche leur perception corporelle, et donc plus vulnérables à la pression sociale et aux images imposées par les médias.

Comme parent, vous jouez un rôle fondamental dans l'instauration d'une image corporelle saine chez votre enfant. Dans une étude récente, 38 % des adolescentes ont dit avoir reçu des commentaires négatifs sur leur poids de la part de leur entourage. Cette même étude a aussi démontré que des modèles négatifs dans l'entourage, comme des parents qui critiquent les gens selon leur poids, peuvent influencer les garçons à vivre une insatisfaction à l'égard de leur image corporelle.

De plus, une large enquête québécoise indique que les filles reçoivent plus souvent de leur famille des commentaires négatifs sur leur poids que les garçons. Ces filles sont d'ailleurs moins nombreuses à avoir une bonne image corporelle en comparaison de celles qui ne subissent pas ces réflexions. Les parents de filles interrogés dans l'enquête se sont dits plus soucieux du poids de leur enfant que les parents de garçons.

Il semble aussi que les opinions du cercle d'amis peuvent avoir des répercussions réelles sur l'expression de l'image corporelle. Les jeunes ayant le sentiment d'être soutenus par un groupe d'amis ont plus tendance à témoigner d'une bonne estime de soi et d'une satisfaction élevée relatives à leur image corporelle.

D'ailleurs, l'apparence physique est souvent une cause d'intimidation chez les jeunes, filles et garçons. Les moqueries et les préjugés à l'égard des personnes en surpoids sont très fréquents. Les jeunes intimidés sont plus à risque de manifester des comportements alimentaires malsains. Selon une récente étude, 1 jeune sur 2 qui se fait intimider à cause de son poids affirme être devenu obsédé par celui-ci.

La persistance de modèles uniques, d'attitudes et de comportements sexualisés et l'insistance sur le paraître peuvent entraîner une pression à se conformer aux images irréalistes transmises par les médias.

Les filles deviennent très préoccupées par leur apparence physique et y accordent beaucoup de temps, au détriment d'autres activités constructives. Les médias renvoient l'image qu'elles doivent à tout prix séduire et ne se valoriser qu'à travers le regard de l'autre. Cette pression les conditionne à s'investir dans le « paraître » bien plus que dans l'« être », ce qui peut les conduire à souffrir de troubles alimentaires. L'investissement dans le « paraître » en mène certaines vers la consommation de produits, de services et de moyens amaigrissants. Ces produits ne sont pas sans danger : il n'existe aucune réglementation entourant la promotion et le marketing des produits de santé naturels.

Bien qu'il existe moins d'études sur l'image corporelle des garçons, eux aussi sont dépendants de la pression médiatique les engageant à adhérer au modèle de beauté unique masculin. Toutefois, il semble qu'ils sont majoritairement moins affectés par des problèmes d'estime de soi. En effet, après la puberté, ils atteignent un plateau ou même une augmentation de leur estime personnelle, contrairement aux filles qui voient celle-ci diminuer.

En tant que parent, il est essentiel d'éduquer vos enfants et vos jeunes par rapport à ces publicités, afin de les aider à devenir plus critiques et moins influençables.

Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée

Au cours des dernières années, la question de l'extrême maigreur et de l'image corporelle des femmes dans la publicité, la mode et les médias a non seulement fait couler beaucoup d'encre, mais a aussi stimulé plusieurs entreprises, organismes et gouvernements à passer à l'action, tant en Europe qu'en Amérique.

Au Québec, des jeunes ont déposé des pétitions à l'automne 2007 et au printemps 2008 demandant au gouvernement d'agir sur les causes sociales de l'anorexie et d'intervenir auprès de l'industrie.
En mars 2009, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a confié à un comité de travail le mandat de rédiger une charte d'engagement volontaire et d'en assurer la pérennité : la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée (CHIC).

La CHIC a pour objectifs :

  • de promouvoir une image corporelle saine et diversifiée;
  • de favoriser l'engagement de divers milieux : mode, publicité, médias, vidéo, musique, santé, éducation, gouvernement;
  • d'encourager la mobilisation de la société autour de l'image corporelle, des problèmes liés à la préoccupation excessive à l'égard du poids, à l'anorexie nerveuse et à la boulimie.
  • La CHIC se veut un projet de société accueillant la diversité corporelle. Elle s'exprime par une représentation plus réaliste des personnes : images d'individus d'origine culturelle, d'âge, de grandeur et de poids variés.

Les signataires reconnaissent que les idéaux de beauté basés sur la minceur extrême peuvent nuire à l'estime personnelle, particulièrement chez les filles et les femmes. Pour concrétiser leur engagement, elles et ils travaillent à promouvoir les sept articles de la CHIC.

Au printemps 2010, la campagne JeSigneEnLigne.com a été lancée : une charte pour une image corporelle saine et diversifiée pour l'évolution des mentalités en ce qui a trait à la diversité corporelle. Déjà, des milliers de signataires ont manifesté leur adhésion.

Conseils pratiques : des clés pour une plus grande autonomie

Comme parent, vous avez un pouvoir d'éducation et de prévention, notamment sur le plan des facteurs de socialisation culturelle, de l'apprentissage social et des expériences interpersonnelles de votre enfant.

Actions pour les 0-5 ans
  • Multipliez les stimulations sensorielles (bercer, masser, donner de l'affection) pour permettre à votre enfant, dès sa petite enfance, d'apprendre que le corps peut être une source de plaisir et de confort;
  • Encouragez votre enfant à porter attention à ses sensations physiques (faim, satiété, fatigue) et enseignez-lui comment réagir adéquatement à ces signaux;
  • Prenez conscience que les parents ayant une image corporelle saine et positive seront de bons modèles pour leur enfant;
  • Évitez les remarques sur votre propre corps ou poids, sur les aliments interdits ou qui « font engraisser »;
  • Véhiculez des messages positifs sur l'image corporelle;
  • Favorisez les repas en famille pour enseigner à votre enfant une saine relation avec la nourriture;
  • Ne forcez pas votre enfant à manger si elle ou s'il n'en a pas envie;
  • N'utilisez pas les aliments pour récompenser un comportement;
  • Ne parlez pas de régimes, de diètes, etc.;
  • Mettez votre enfant en lien avec des modèles féminins ou masculins positifs, telles des personnes qui se sentent bien dans leur peau, sans égard à leur poids ou à leur silhouette;
  • Multipliez les occasions pour votre enfant de jouer à l'extérieur, de participer à des jeux actifs.
Actions pour les 6-11 ans
  • Encouragez votre enfant à améliorer sa force et ses habiletés physiques par des activités comme le soccer, la danse ou les arts martiaux, afin qu'elle ou il maîtrise son corps et acquière un sentiment de compétence corporelle;
  • Motivez votre enfant à porter attention à ses sensations physiques (faim, satiété, fatigue) et enseignez-lui comment réagir adéquatement à ces signaux;
  • Enseignez le respect d'autrui dans la famille et la non-tolérance envers les moqueries, surtout celles concernant l'apparence physique. Apprenez à votre enfant comment répondre aux moqueries (jeux de rôles à la maison) et identifiez les conséquences de l'intimidation;
  • Apprenez à votre enfant à faire preuve d'esprit critique envers les standards de beauté et la transformation des photos au moyen de logiciels;
  • Discutez, dès la préadolescence, des changements que subit le corps à la puberté. Parlez de la génétique et des différentes morphologies;
  • N'oubliez pas que les parents ayant une image corporelle saine et positive seront de bons modèles pour leur enfant;
  • Évitez les remarques sur votre propre corps ou poids, sur les aliments interdits ou qui « font engraisser »;
  • Véhiculez des messages positifs sur l'image corporelle;
  • Favorisez les repas en famille pour enseigner à votre enfant une saine relation avec la nourriture;
  • Ne forcez pas votre enfant à manger si elle ou s'il n'en a pas envie;
  • N'utilisez pas les aliments pour récompenser un comportement;
  • Ne parlez pas de régimes, de diètes, etc.;
  • Mettez votre enfant en lien avec des modèles féminins ou masculins positifs, telles des personnes qui se sentent bien dans leur peau, sans égard à leur poids ou à leur silhouette;
  • Multipliez les occasions pour votre enfant de jouer à l'extérieur, de participer à des jeux actifs;
  • Apprenez à votre enfant à faire preuve d'esprit critique lorsqu'elle ou il emploie les médias.
Actions pour les 12-18 ans
  • Encouragez votre enfant à porter attention à ses sensations physiques (faim, satiété, fatigue);
  • Enseignez le respect d'autrui dans la famille et la non-tolérance envers les moqueries, surtout celles concernant l'apparence physique. Apprenez à votre enfant comment répondre aux moqueries (jeux de rôles à la maison) et identifiez les conséquences de l'intimidation;
  • Apprenez à votre enfant à faire preuve d'esprit critique envers les standards de beauté et la transformation des photos au moyen de logiciels;
  • N'oubliez pas que les parents ayant une image corporelle saine et positive seront de bons modèles pour leur enfant;
  • Évitez les remarques sur votre propre corps ou poids, sur les aliments interdits ou qui « font engraisser »;
  • Véhiculez des messages positifs sur l'image corporelle;
  • Favorisez les repas en famille pour enseigner à votre enfant une saine relation avec la nourriture;
  • Ne forcez pas votre enfant à manger si elle ou s'il n'en a pas envie;
  • N'utilisez pas les aliments pour récompenser un comportement;
  • Ne parlez pas de régimes, de diètes, etc.;
  • Mettez votre enfant en lien avec des modèles féminins ou masculins positifs, telles des personnes qui se sentent bien dans leur peau, sans égard à leur poids ou à leur silhouette;
  • Multipliez les occasions pour votre enfant de jouer à l'extérieur, de participer à des jeux actifs;
  • Apprenez à votre enfant à faire preuve d'esprit critique lorsqu'elle ou il emploie les médias.

Date de mise à jour : 07 juillet 2017

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