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Sans stéréotypes

La sexualisation de l'espace public

Depuis plusieurs années, nous observons une intensification sans précédent de la sexualisation de l'espace public. Celle-ci transparaît notamment au travers des médias, de la publicité sexiste, des vidéoclips, de l'industrie de la mode. Nous lui devons également la sexualisation précoce des petites filles et une banalisation de la pornographie.

Pourquoi intervenir dans les écoles?

Il importe, dans l'éducation apportée aux enfants et aux jeunes, d'aiguiser leur esprit critique vis-à-vis de la sexualisation de l'espace public, afin de diminuer les répercussions possibles. Les parents ont un rôle important à jouer en cette matière, mais le milieu scolaire est privilégié pour remettre en question les représentations des femmes et des hommes dans l'espace public. Vous pouvez faire une grande différence en proposant des activités pédagogiques qui encouragent l'esprit critique devant cette sexualisation de l'espace public.

Comment se manifeste-t-elle?

La sexualisation de l'espace public entraîne l'imposition de la sexualité dans cet espace de même que la multiplication de représentations des femmes qui réduisent celles-ci à l'état d'objet ou encore utilisent de manière inappropriée – et sans lien avec le message – leur image et plus spécifiquement leur corps pour

  • transmettre un message pour stimuler la demande;
  • vendre un produit;
  • passer un message.

La sexualisation de l'espace public se traduit par la sexualisation de n'importe quelle situation de la vie quotidienne et l'exposition omniprésente de la sexualité et du corps féminin dénudé dans l'espace public.

Descarries, Francine. (2013). Sexualisation des personnes et de l'espace public. Quels sont les enjeux?, [En ligne].

Quelques exemples dans la publicité

La sexualisation de l'espace public s'observe beaucoup dans la publicité. Pour faciliter la compréhension du public et faire passer son message rapidement, la publicité impose des clichés et des stéréotypes.

Voici deux exemples qui illustrent la notion de sexualisation de l'espace public dans la publicité.

Les images publicitaires sexualisées compromettent donc les rapports égalitaires entre les femmes et les hommes dans la mesure où elles véhiculent un message répétitif de l'objectivation des femmes et faussent la représentation de celles-ci comme actrices sociales.

Quelles sont les conséquences?

La sexualisation de l'espace public agit notamment comme une courroie de transmission des stéréotypes sexuels dans notre société. Elle habitue à des représentations stéréotypées, irréalistes, limitées, voire pornographiques du corps des femmes comme de leur rôle dans la société. Elle participe ainsi à la promotion d'une image sexuée et limitée des femmes, à l'objectivation de leur corps et à la survalorisation des sex symbols. Ces effets s'observent d'ailleurs de plus en plus chez les hommes également.

Pour les filles et les garçons, la sexualisation de l'espace public a des répercussions sur la définition de leur image corporelle. Elle fait naître une insatisfaction sur ce plan : filles et garçons veulent ressembler à ce qui est observé dans l'espace public.

La sexualisation de l'espace public influence aussi le rapport à la sexualité des filles et des garçons. Elle conduit à une banalisation de la sexualité, tant en ce qui a trait aux actes sexuels qu'en matière d'intimité.

Public/privé

La différence entre ce qui relève des sphères privée et publique est de plus en plus floue dans notre société, surtout avec la sexualisation de l'espace public. D'abord, les enfants en bas âge ne font pas cette distinction instinctivement. Il revient aux parents et aux éducateurs de les amener à comprendre ces deux notions, mais même avec cette éducation, la distinction demeure ardue à établir pour les jeunes.

L'exposition constante à des images qui, dans la vie de tous les jours, devraient appartenir au domaine privé rend beaucoup plus difficile pour les jeunes d'avoir le réflexe de ne pas afficher publiquement certains aspects privés de leur vie. Par exemple, des jeunes utilisent les médias sociaux (Facebook, Twitter, etc.) comme un journal intime et deviennent alors plus vulnérables à diverses problématiques : exploitation sexuelle, intimidation, vol d'identité et autres encore.

Il est donc essentiel d'enseigner les concepts « public » et « privé » non seulement durant la petite enfance, mais également tout au long de la préadolescence et de l'adolescence. Ces notions peuvent d'ailleurs être abordées dans le cadre d'activités sur une multitude de sujets, comme

  • l'identité numérique dans un cours d'informatique;
  • le libéralisme et le conservatisme dans un cours d'éthique et de culture religieuse;
  • les relations affectives et amoureuses, l'intimité, la séduction dans un cours d'éducation à la sexualité.

Les images dans les publicités et les médias

Des recherches estiment que chaque personne, en Amérique du Nord, serait exposée à une moyenne de 3 000 publicités par jour, que ce soit dans les médias traditionnels comme la télévision, la radio, les magazines et les journaux ou dans les nouveaux médias tels qu'Internet, le courrier électronique et le téléphone cellulaire.

Les stéréotypes sexuels sont facilement observables dans plusieurs publicités et médias. En effet, la publicité impose des clichés et des stéréotypes afin de faire passer son message rapidement. Selon une recherche menée dans 30 pays, 3 adjectifs considérés « typiques » ont été associés aux femmes, tandis que 6 adjectifs ont été attribués aux hommes. Les femmes sont surtout caractérisées comme étant sentimentales, soumises et séductrices, tandis que les hommes sont définis comme étant dominants, virils, indépendants, aventureux et musclés.

Plus particulièrement en ce qui regarde la sexualisation dans la publicité, certaines tendances sont apparues dans les dernières années, dont le « porno-chic », qui reproduit des comportements rappelant la pornographie. Cette tendance se remarque particulièrement dans les campagnes publicitaires des marques les plus prestigieuses. En ce sens, ces images hypersexualisent les filles et les femmes, les placent dans des situations de soumission, banalisant ainsi une certaine forme de violence. Elles valorisent la domination masculine et cantonnent les hommes dans un rôle de performance. Ce phénomène pourrait même accroître les risques d'agression et de violence à caractère sexuel.

Les femmes sont soumises à une profonde pression exercée par la publicité, la télévision, le cinéma et les nouveaux médias pour qu'elles soient sexuellement attirantes et actives.
habilomedias.ca : Représentation des femmes et des filles dans les médias - Introduction

Séduites par les images, concepts et produits proposés, certaines jeunes filles s'obligent à adopter des comportements empruntés à une sexualité adulte, sans la maturité affective nécessaire pour affronter les situations qui en découlent. Leur confusion en est d'autant plus grande que les médias les alimentent de normes sociales contradictoires : les filles devraient être à la fois innocentes et séductrices, vierges et expérimentées.

L'image du corps est aussi reprise par l'industrie de la mode. La surexposition aux publicités de mode pourrait même façonner la norme socioculturelle de la beauté. En effet, le modèle de beauté unique exerce une pression sociale pour que les femmes se conforment aux images véhiculées dans les médias.

Voici le modèle de beauté unique à atteindre, selon le sexe :

  • La femme est de race blanche, mince, avec des lèvres pulpeuses, des cheveux lisses et une poitrine généreuse;
  • L'homme personnifie la force, l'énergie et la domination. Il impressionne par son indépendance et son goût de l'aventure. Il cultive ses pectoraux, a les épaules larges et le visage impassible.

Les publicités fragmentent souvent l'image des femmes, en mettant de l'avant les jambes, les seins et les cuisses. Ce choix ne fait que renforcer l'idée qu'elles sont des objets sexuels et non des êtres humains à part entière. De plus, le rôle des femmes et des filles dans la publicité est bien souvent résumé par la séduction, le besoin de plaire et de charmer pour se faire valoir et attirer l'attention du sexe opposé. L'industrie de la publicité, la sexualisation des modèles et la dictature de la mode conditionnent les jeunes filles à se soumettre au regard des hommes et renforcent le rôle de la femme-objet.

Ces images compromettent donc les rapports égalitaires entre les femmes et les hommes. Les mécanismes à l'œuvre dans la socialisation, comme les stéréotypes, contribuent effectivement à reproduire les inégalités.

Les médias jouent un rôle de premier plan dans la construction intérieure du genre féminin ou masculin des enfants et des jeunes. Les messages publicitaires et les médias en général peuvent donc influencer la perception qu'auront les enfants et les jeunes de la sexualité et des relations entre les sexes.

Saviez-vous que?

Différentes mesures visant à éduquer la population ainsi qu'à encadrer les pratiques jugées comme étant abusives en matière de sexualisation de l'espace public ont été adoptées ou discutées à l'étranger.

En savoir plus

L'enfance et les médias

Certaines recherches ont montré des effets notables sur les comportements, les attitudes et les croyances des enfants. Par exemple, dans une étude, on a présenté à une dizaine d'enfants âgés en moyenne de 5 ans des images d'enfants minces ou de forte corpulence. Les enfants ont dû qualifier ces personnes et indiquer avec lesquelles elles et ils préféreraient être amis. Aux personnes minces, plus de qualités étaient attribuées et plus de défauts à celles ayant un surpoids. Ces dernières étaient également moins souvent choisies comme amies.

Les petites filles sont aussi rapidement imprégnées de la culture « girly » en étant entourées de poupées Barbie et de princesses Disney. Notre société de consommation a défini à quoi devait ressembler une fille aujourd'hui.

Documentaire sur la culture « girly »

Les tweens : ciblés par les publicités

L'industrie de la publicité utilise les stéréotypes pour vendre des produits aux jeunes de 8 à 14 ans. En marketing, on surnomme les gens de cet âge les tweens, soit la période entre (between) l'enfance et l'adolescence (teenage). Certaines entreprises ciblent ce groupe d'âge puisque les jeunes continuent souvent à consommer les mêmes marques à l'âge adulte. En plus, les tweens sont considérés comme la tranche démographique la plus importante après les baby-boomers. Aussi, les jeunes d'aujourd'hui tendent à être plus « branchés » et plus informés par une multitude de sources, ainsi qu'à disposer de plus d'argent que les jeunes des générations précédentes. Les compagnies de marketing observent donc minutieusement le comportement et l'habillement des jeunes pour leur vendre une image stéréotypée d'elles-mêmes et d'eux-mêmes.

Le documentaire « Sexy inc. » aborde principalement ce ciblage des tweens par les compagnies de marketing.

Ainsi, les jeunes en quête d'identité aspirent souvent à devenir le stéréotype même qui leur est proposé. Toute une génération d'enfants est encouragée à adopter des attitudes et des comportements sexualisés pour lesquels elles et ils ne sont préparés ni affectivement, ni intellectuellement, ni même physiquement. À cet âge, les jeunes façonnent leur image à travers le regard des autres. Évidemment, ce n'est pas l'ensemble des enfants qui affichent ces comportements, et rares sont celles et ceux qui les maintiennent à long terme, bien que toutes et tous participent, dans une certaine mesure, à cette culture sexualisée.

Le marché de la mode, des cosmétiques, de la musique, des magazines et du cinéma vise aussi les tweens. Toute une gamme de produits de beauté et de vêtements a été créée pour les jeunes filles à qui l'on fait croire qu'il existe un lien entre la beauté, la popularité et le bonheur. Les jeunes filles sont toujours sollicitées pour adhérer aux standards de mode et de beauté, satisfaire les besoins des autres et être prêtes à tout pour attirer l'attention des garçons, les séduire et assurer le succès de leur relation amoureuse.

Dans les revues destinées aux adolescentes, la formation de l'identité « féminine » est réduite à une quête incessante du regard de l'autre et d'approbation.
- Conseil du statut de la femme. (2008). Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires, p. 42, [En ligne]

Les produits visant à allécher les tweens sont présentés comme étant « réservés aux jeunes ». Les publicités montrent des enfants déguisés en petits adultes correspondant aux stéréotypes de beauté. Elles incitent les enfants, particulièrement les filles, à acheter ou à se faire acheter divers produits pour leur ressembler. Nous y retrouvons, par exemple, des rouges à lèvres brillants au goût de fruits, des vêtements et même des sous-vêtements séduisants et colorés.

De lourdes conséquences sur l'image corporelle

Les images du corps véhiculées dans les médias ne sont pas sans conséquences. L'exposition répétée aux messages publicitaires influence effectivement notre façon d'être et de nous comporter. Les enfants et les jeunes, en pleine construction de leur identité, y sont particulièrement sensibles.

Selon [L]'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, la moitié des élèves (51 %), filles et garçons, sont insatisfaits de leur apparence. Presque la moitié des filles (41 %) désirent une silhouette plus mince, alors que près du quart des garçons (24 %) en désirent une plus forte.
- L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. [En ligne]

Même si les filles et les garçons subissent les retombées de l'invasion publicitaire de manière différente, la principale conséquence reste la même pour les deux sexes : l'insatisfaction vis-à-vis de son image corporelle. Les filles ont donc tendance à vouloir maigrir pour ressembler aux mannequins, tandis que les garçons veulent atteindre la silhouette idéale de l'homme musclé et viril.

Chez les filles

Dès l'âge de 3 ans, les fillettes préfèrent les jeux illustrant des gens minces plutôt que plus en chair. Plusieurs études démontrent aussi que celles âgées de 7 ans seulement souhaiteraient être plus minces. À cet âge, elles peuvent déjà identifier une partie de leur anatomie qu'elles veulent améliorer.

Malheureusement, ces comportements tendent à s'accentuer avec l'âge. D'après L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, la moitié des filles sont insatisfaites de leur image corporelle, et 30 % de celles de corpulence « normale » cherchent à perdre du poids. De plus, parmi les filles qui tentaient au moment de l'enquête de maigrir ou de contrôler leur image corporelle, environ 70 % ont employé une méthode concrète (régime, restriction alimentaire, pilules amaigrissantes, exercice à outrance, etc.). L'insatisfaction corporelle pourrait même en pousser certaines à abandonner l'activité physique.

Les troubles alimentaires sont la 3e maladie chronique la plus fréquente chez les adolescentes québécoises.
- Veille action, [En ligne]

Une surexposition aux images de beauté influe aussi sur le comportement d'achat des filles en les portant à consommer par exemple des produits de beauté et d'autres pour la perte de poids. Les images de femmes jeunes, minces et à la peau lisse intensifieraient également chez les filles et les femmes les risques d'une dépression, d'un manque d'estime de soi et de mauvaises habitudes alimentaires.

L'exposition à des images sexualisées susciterait ces mêmes problèmes. Elle peut aussi conduire certaines filles vers une sexualité précoce, augmentant leur vulnérabilité et brouillant leur quête d'identité. En étant continuellement soumises à des modèles de passivité, les filles peuvent voir leur développement sexuel affecté. En effet, les images sexualisées présentées dans les magazines pour fillettes et pour adolescentes les encouragent à souscrire à une identité de victime. Aussi, les médias peuvent changer la perception d'une jeune fille au sujet de sa virginité ou de ses premières expériences sexuelles, en lui donnant le sentiment entre autres qu'elle est anormale si elle n'est pas intéressée par les rapports amoureux ou sexuels à son âge.

Chez les garçons

Du côté des garçons, les médias seraient également le premier facteur d'insatisfaction envers leur image corporelle, ce qui engendre souvent un excès d'activité physique afin d'amplifier leur masse musculaire. D'ailleurs, les troubles alimentaires sont en hausse chez les hommes. Le désir de se sculpter un corps musclé peut aussi provoquer une consommation de stéroïdes anabolisants et d'autres drogues.

Les garçons se projettent donc dans des rôles de superhéros, au risque de tomber dans la bigorexie. Selon Anorexie et boulimie Québec, la bigorexie est une dépendance à l'exercice physique qui génère une masse musculaire excessive par rapport à la normale et qui, à long terme, peut avoir des conséquences néfastes sur l'appareil locomoteur, le système endocrinien, l'appareil cardiorespiratoire, la psyché et la santé mentale de la personne bigorexique.

En suivant le modèle stéréotypé que leur proposent les médias, les garçons adoptent donc la culture du jeu et de l'aventure en négligeant, entre autres, les activités plus intellectuelles comme la lecture. Ils sont aussi nombreux à être influencés par les images de la pornographie, qu'ils ont tendance à vouloir reproduire dans leurs relations amoureuses et qui préconisent un modèle de performance irréaliste ainsi que des corps disproportionnés. 

Selon L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, parmi les garçons qui essayaient au moment de l'enquête de perdre du poids ou de contrôler leur image corporelle, 71 % ont eu recours « souvent » ou « quelques fois » à au moins une méthode présentant un potentiel de dangerosité pour la santé. Toutefois, ils rapportent avoir un degré élevé d'estime de soi dans une plus grande proportion que les filles (24 % contre 15 %).

Il semble aussi que les opinions du cercle d'amis peuvent avoir des répercussions réelles sur l'expression de l'image corporelle. Les jeunes ayant le sentiment d'être soutenus par un groupe d'amis ont plus tendance à témoigner d'une bonne estime de soi et d'une satisfaction élevée relatives à leur image corporelle.

D'ailleurs, l'apparence physique est souvent une cause d'intimidation chez les jeunes, filles et garçons. Les moqueries et les préjugés à l'égard des personnes en surpoids sont très fréquents. Les jeunes intimidés sont plus à risque de manifester des comportements alimentaires malsains. Selon une récente étude, 1 jeune sur 2 qui se fait intimider à cause de son poids affirme être devenu obsédé par celui-ci.

La persistance de modèles uniques, d'attitudes et de comportements sexualisés et l'insistance sur le paraître peuvent entraîner une pression à se conformer aux images irréalistes transmises par les médias.

Les filles deviennent très préoccupées par leur apparence physique et y accordent beaucoup de temps, au détriment d'autres activités constructives. Les médias renvoient l'image qu'elles doivent à tout prix séduire et ne se valoriser qu'à travers le regard de l'autre. Cette pression les conditionne à s'investir dans le « paraître » bien plus que dans l'« être », ce qui peut les conduire à souffrir de troubles alimentaires. L'investissement dans le « paraître » en mène certaines vers la consommation de produits, de services et de moyens amaigrissants. Ces produits ne sont pas sans danger : il n'existe aucune réglementation entourant la promotion et le marketing des produits de santé naturels.

Bien qu'il existe moins d'études sur l'image corporelle des garçons, eux aussi sont dépendants de la pression médiatique les engageant à adhérer au modèle de beauté unique masculin. Toutefois, il semble qu'ils sont majoritairement moins affectés par des problèmes d'estime de soi. En effet, après la puberté, ils atteignent un plateau ou même une augmentation de leur estime personnelle, contrairement aux filles qui voient celle-ci diminuer.

En tant que parent, il est essentiel d'éduquer vos enfants et vos jeunes par rapport à ces publicités, afin de les aider à devenir plus critiques et moins influençables.

Saviez-vous que?

81% des jeunes intimidés à cause de leur poids n’en parlent à personne
Source : http://www.changezderegard.com/enseignants

Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée

Au cours des dernières années, la question de l'extrême maigreur et de l'image corporelle des femmes dans la publicité, la mode et les médias a non seulement fait couler beaucoup d'encre, mais a aussi stimulé plusieurs entreprises, organismes et gouvernements à passer à l'action, tant en Europe qu'en Amérique.

Au Québec, des jeunes ont déposé des pétitions à l'automne 2007 et au printemps 2008 demandant au gouvernement d'agir sur les causes sociales de l'anorexie et d'intervenir auprès de l'industrie.
En mars 2009, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a confié à un comité de travail le mandat de rédiger une charte d'engagement volontaire et d'en assurer la pérennité : la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée (CHIC).

La CHIC a pour objectifs

  • de promouvoir une image corporelle saine et diversifiée;
  • de favoriser l'engagement de divers milieux : mode, publicité, médias, vidéo, musique, santé, éducation, gouvernement;
  • d'encourager la mobilisation de la société autour de l'image corporelle, des problèmes liés à la préoccupation excessive à l'égard du poids, à l'anorexie nerveuse et à la boulimie.
  • La CHIC se veut un projet de société accueillant la diversité corporelle. Elle s'exprime par une représentation plus réaliste des personnes : images d'individus d'origine culturelle, d'âge, de grandeur et de poids variés.

Les signataires reconnaissent que les idéaux de beauté basés sur la minceur extrême peuvent nuire à l'estime personnelle, particulièrement chez les filles et les femmes. Pour concrétiser leur engagement, elles et ils travaillent à promouvoir les sept articles de la CHIC.

Au printemps 2010, la campagne JeSigneEnLigne.com a été lancée : une charte pour une image corporelle saine et diversifiée pour l'évolution des mentalités en ce qui a trait à la diversité corporelle. Déjà, des milliers de signataires ont manifesté leur adhésion.

Conseils pratiques : des clés pour une plus grande autonomie

Comme personnel du milieu scolaire, vous avez un pouvoir d'éducation et de prévention, notamment sur le plan des facteurs de socialisation culturelle et de l'apprentissage social. Pour favoriser le changement, il faut que les adultes de l'école soient conscients des problématiques et puissent agir ensemble à plusieurs égards. Les gestes simples du quotidien sont importants, mais avoir l'intention claire de lutter contre les stéréotypes permet d'encadrer les actions dans un tout cohérent.

Pour que les acquis se maintiennent dans le temps, il importe que les interventions de l'équipe de l'école s'articulent autour de cet objectif tout au long du cheminement scolaire (par exemple, dans le contexte de l'éducation à la sexualité).

Voici quelques exemples d'actions pouvant être réalisées dans le cadre de cette démarche de l'équipe de l'école.

Actions pour le primaire
  • Inviter les élèves à se procurer des catalogues de jouets, particulièrement avant le temps des fêtes, et observer les stéréotypes véhiculés.
  • Complimenter les élèves sur ce qu'elles et ils sont, et non sur leur apparence.
  • Demander aux élèves d'apporter des magazines ou un exemple de publicité et faire des activités pour identifier les stéréotypes sexuels.
Actions pour le secondaire (1er cycle)
  • Complimenter les élèves sur ce qu'elles et ils sont, et non sur leur apparence.
  • Demander aux élèves d'apporter des magazines ou un exemple de publicité et faire des activités pour identifier les stéréotypes sexuels.
  • Réaliser des activités en utilisant la musique et les vidéoclips appréciés par les élèves (faire toutefois attention : certains vidéoclips sont trop explicites pour être présentés en classe).
  • Proposer aux élèves des projets qui traitent de la publicité, des médias et du Web, les incitant à être critiques par rapport à l'influence qu'ont ces moyens de communication sur elles et eux, comme si les enfants étaient des journalistes.
Actions pour le secondaire (2e cycle)
  • Complimenter les élèves sur ce qu'elles et ils sont, et non sur leur apparence.
  • Demander aux élèves d'apporter des magazines ou un exemple de publicité et faire des activités pour identifier les stéréotypes sexuels.
  • Réaliser des activités en utilisant la musique et les vidéoclips appréciés par les élèves (faire toutefois attention : certains vidéoclips sont trop explicites pour être présentés en classe).
  • Faire analyser par les élèves des publicités qui ont recours à la sexualité pour vendre.
  • Convier les élèves à faire un travail d'observation des médias, des magazines, des publicités. Relever les aspects sexistes et sexuels, si tel est le cas. Échanger sur ce thème.

Date de mise à jour : 06 juillet 2017

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